Rilevons le gland

Il y a quelques jours, Monsieur Lou m’a lancé un défi. Il m’a demandé de participer au jeu d’écriture(s) du blog à mille mains. Le but du jeu est d’écrire un texte à partir d’une photo. Bien sûr, il me faut toujours un peu de temps pour réagir et je crois bien avoir laissé passer la date buttoir. Tant pis. Cela ne veut pas dire que je vais me défiler. J’ai produit quelque chose à partir de la photo proposée. Ce n’est pas tout à fait un texte. C’est un peu n’importe quoi, mais vous avez l’habitude… Avant de vous montrer la chose, je veux juste évoquer le poème auquel j’ai tout de suite pensé en voyant cette image.

 

 

La photo est de Robert Lubanski

 

 

Le poème est d’Antoine Pol

Les passantes

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu’on connait à peine
Qu’un destin différent entraine
Et qu’on ne retrouve jamais

A celle qu’on voit apparaitre
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n’est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d’un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l’on a manqué sa vie
On songe avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu’on n’a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir

 

 

La musique est de Georges Brassens

 

 

Et ma contribution au jeu est ICI…

8 réactions dans “Rilevons le gland

    1. Vous écrivez dans votre tête Madame YueYin ?!? 8O
      Mais comment faites vous passer le stylo ? J’ai mal rien que d’y penser…

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