Zani-mots – 422

La demande de monsieur Larret Romain a particulièrement attiré mon attention. Pourquoi ? Parce cette demande d’un magicien amateur est arrivée juste après le don généreux qu’a fait un autre magicien à l’EHPAD dans lequel travaille ma Blondinette.

Pendant la période de confinement, monsieur Jordan Victoria qui conçoit des tours de magie propose sur son site un produit dont la recette est entièrement reversée à un EHPAD ou un hôpital. Ce beau geste de solidarité mérite d’être salué. (Lien vers PCTC Production, le site de Jordan Victoria)

Mais revenons à nos zani-mots. Monsieur Larret Romain cherchait cinq illustrations qui représentent les mots Bonheur, Chance, Argent, Amour et Santé pour un de ses tours de cartes. Il avait déjà trouvé ici le Bonheur dans un papillon. Voici des illustrations pour les quatre autres mots.

Un cochon-tirelire pour ARGENT.

Un cœur pour AMOUR

Un trèfle pour CHANCE

et pour SANTÉ, dont la représentation symbolique est beaucoup moins évidente, j’ai choisi la coupe d’Hygie qui est le symbole de la pharmacie.

Edit du 18/05/2020 : monsieur Larret Romain m’a envoyé un lien vers une video qui montre son tour de magie avec mes dessins…

Et pour avoir un aperçu plus large de son travail, voici un lien vers sa page FB où vous trouverez d’autres vidéos et des photos : RoMaGik

Zani-mots – 421

Voici le second zani-mot demandé par madame Maria. C’est un dangereux félin pour Raphaël.

Hier c’était le 1er mai, la journée internationale des travailleurs, et j’étais au chômage. Si je m’en étais rendu compte plus tôt, j’aurais essayé de faire changer ma journée de boulot hebdomadaire pour qu’elle coïncide avec ce jour-là, non pas que je cherche une occasion pour glander (je suis bien assez frustré en ce moment avec mon chômage partiel pour chercher à fuir le boulot, d’autant plus que le mien me passionne), mais la journée internationale des travailleurs, c’est important et il faut marquer le coup !

Remarquez que je ne dis pas “Fête du travail”, car je vois derrière cette appellation un tout autre sens. Ce glissement sémantique fait partie du travail de sape orchestré par la bourgeoisie afin de contrôler le sens des mots, et donc de notre façon de penser. ( Voir l’interview de Franck Lepage sur la désintoxication de la langue de bois, en lien à la fin… )
La journée internationale des travailleurs, c’est avant tout une journée de lutte sociale et de revendications, alors que la fête du travail, c’est un jour de repos que ton patron te concède parce que tu as fait ton boulot bien gentiment.

Une journée de revendications donc, avec son défilé un peu mis à mal à cause du confinement. Pas de défilé du 1er mai cette année. Tant pis. On se rattrapera plus tard, car les revendications restent, et la liste s’allonge. Force est de constater que la tendance reste à la régression sociale, à l’augmentation des injustices et des inégalités. J’espère bien, chers camarades, qu’on en reparlera après cette crise sanitaire.
Ni oubli, ni pardon.

Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée, car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées.

1984, George Orwell (trad. Amélie Audiberti), éd. Gallimard, 1972

Lien vers la vidéo de Franck Lepage sur la désintoxication de la langue de bois. Si vous n’avez pas le temps de tout regarder, le passage où Lepage se réfère à George Orwell est à 3 minutes 18 du début.
Cure de désintox contre la langue de bois – Frank Lepage – Le Média

Zani-mots – 420

Monsieur Acker m’a rappelé qu’il attend un zani-mot pour la petite Sarah. Ne le faisons plus attendre. Il m’a laissé le choix du motif, un exercice un peu compliqué pour qui ne sais pas choisir. J’ai fait appel au chat de la maison pour m’aider dans cette tâche, en me demandant ce qu’il aimait. J’ai écarté les lézards car j’en ai déjà dessiné pas mal, et tant qu’à avoir le choix, autant faire original. Le zani-mot de Sarah sera donc une mésange.

Et voilà que depuis ce matin, je fredonne Sarah, la chanson écrite Georges Moustaki et magistralement interprétée par Serge Reggiani. Le disque passait régulièrement chez mes parents. J’ai grandi avec. Bien sûr, je n’ai vraiment compris le sens de cette chanson qu’une fois adulte, mais elle reste pour moi une chanson d’enfance. Je me suis longtemps demandé pourquoi cette chanson s’appelait Sarah alors que ce prénom n’était pas prononcé un seule fois. Cela fait référence à l’introduction récitée par Reggiani qui reprend trois strophes d’un poème de Baudelaire…

Si vous la rencontrez, bizarrement parée,
Se faufilant, au coin d’une rue égarée,
Et la tête et l’œil bas, comme un pigeon blessé,
Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé,

Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d’ordure
Au visage fardé de cette pauvre impure
Que déesse Famine a, par un soir d’hiver,
Contrainte à relever ses jupons en plein air.

Cette bohême-là, c’est mon tout, ma richesse,
Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse,
Celle qui m’a bercé sur son giron vainqueur,
Et qui dans ses deux mains a réchauffé mon cœur.

Baudelaire – Œuvres posthumes 1908

Et voici quelques liens :