Dehors, tu vas avoir si froid…

Je sais, ce n’est pas vraiment la saison pour pique-niquer dévêtue au bord de l’eau, d’où l’extrait d’une célèbre chanson de Tino Rossi choisi en titre pour ce billet qui vous présente mon adaptation du déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet.

J’ai ressorti pour l’occasion l’avatar de Turquoise, amie fidèle du Kikimundo depuis une quinzaine d’année, qui était la miss Juin de notre calendrier des kikimates de 2009. Elle remplace ici Victorine Maurent que Manet pris pour modèle dans plusieurs de ces tableaux. A l’arrière plan, on reconnaît Yueyin qui prend la place d’Alexandrine Meley, l’épouse d’Émile Zola. Escargolio et le rat remplacent respectivement le beau-frère, le frère du peintre. A l’époque, le tableau fit scandale et on le comprend. Non mais c’est quoi ce pique-nique où il n’y a même pas un paquet de cacahuètes !

Noir c’est noir.

J’ajoute à notre collection Escargolio à la façon de spécial BD, cette fausse couverture d’album inspirée de celles que Jacques Tardi a dessinées dans ses adaptations graphiques des nouveaux mystères de Paris. Cette série de romans policiers de Léo Malet, relate les aventures du détective privé Nestor Burma à Paris au milieu du siècle dernier.

Aujourd’hui, quand on me dit “Roman policier”, je pense tout de suite à Toulouse polars du sud, l’évènement autour de la littérature policière auquel madame YueYin et moi essayons d’aller tous les ans. Ce qui vous explique pourquoi j’ai déplacé l’action de ce Nescar Gurma dans le sud-ouest.

Voici un lien vers le site de l’association Toulouse Polars du sud qui organise le festival chaque année : https://www.toulouse-polars-du-sud.com/

La sans pareil

Enfin, je l’ai fini ! Cet “Escargolio à la façon de” m’aura donné du fil à retordre. J’ai choisi de refaire La naissance de Vénus de Sandro Boticcelli, avec plein de drapés et des mèches de cheveux partout. Je ne vous raconte pas le travail…
J’ai voulu refaire ce tableau car il met en scène une femme dont l’histoire m’a impressionnée : Simonetta Vespucci. C’est elle qui à le rôle de Vénus.
Bien que Génoise, Simonetta n’était pas un gâteau mou, mais une jeune femme qui après avoir épousé Marco Vespucci à l’âge de 15 ans, connut un grand succès à Florence. Réputée pour sa grande beauté, elle fît tourner quelques têtes à la cour de Médicis. Elle devint la muse de Boticcelli qui la représenta dans plusieurs tableaux. Puis à 23 ans, elle chopa la tuberculose et mourut soudainement. C’est un peu la James Dean de la renaissance en quelque sorte.
Ce qui est impressionnant, c’est que même après sa mort, Boticcelli continua à la peindre sur ses toiles. Il demanda même d’être enterré à ses pieds. Elle devait être vraiment très belle, presqu’autant qu’un escargot.

Où sont-ils donc ?

Henri de Toulouse Lautrec décrivait dans ses peintures et ses croquis la vie des cabarets et des bordels du Montmartre de la fin du 19eme siècle. Je regarde certains de ses dessins avec un brin de nostalgie. Ils me rappellent un temps révolu où je traînais moi-même dans les bistros parisiens. C’était le temps des études. Le lycée portait le même nom que le café d’à coté. C’est là qu’est né Escargolio, il y a plus de trente ans.

Et me voici écoutant Frehel chanter “Où sont-ils donc” et Reggiani interpretant “Paris ma rose” d’Henri Gougaud. Nostalgie quand tu nous tiens…