Tu t’en vas…

Certains affirment que j’ai développé un goût pour la chanson ringarde qui frise la pathologie, et ceux qui ont reconnu dans le titre de cet article une célèbre chanson d’Alain Barrière pourraient bien leur donner raison.

J’en conviens, Tu t’en vas chanté par Alain Barrière et Noëlle Cordier est l’une de ces morceaux de variété un peu daté que j’entonne parfois. Cela ne signifie pas que je porte un amour inconditionnel à ce genre musical. Non, j’ai tout au plus un peu tendresse empreint de nostalgie. Ces chansons ont aujourd’hui un petit coté burlesque qui m’amuse beaucoup et si les chante parfois ce n’est pas par goût. C’est lié à un phénomène indépendant de ma volonté. Pour bien comprendre, vous devez savoir que j’ai grandi à une époque où la chanson de couple était à la mode. On en entendait partout et tout le temps. Il avait Johnny et Sylvie, Stone et Charden, Dalida et Alain Delon, Ringo et Sheila… Je vous prie de croire qu’on en a bouffé.

Enfant, on mémorise tout et n’importe quoi et c’est comme ça que j’en ai en retenu quelques unes malgré moi. Le problème, c’est qu’au bout d’un demi-siècle, elles sont encore là, cachées quelque part dans mon crâne, et il ne suffit que d’un mot pour qu’une d’elles ressorte instantanément. Ainsi l’autre jour, Mamz’elle Milou, notre fille cadette qui était venue se confiner quelques semaines à la maison, s’apprêtait à rentrer chez elle et vint me dire au revoir en ces mots : “Au revoir mon Papa, je m’en vais.”

Je me tournai vers elle. Et là, pris d’une sorte de réflexe pavlovien, je me mis à chanter.

Tu t’en vaaaaas, comme un soleil qui disparaît, comme un été, comme un dimanche…

Voilà ! Mamz’elle Milou est repartie chez elle, avant même que je n’aie eu le temps de publier le dessin sur lequel apparaît son avatar kikimundais. Ce dessin à ajouter à la série Escargolio à la façon de… m’a été suggéré par Marie-Laure qui adore les tableaux de Francine Van Hove.

Je mets ici un lien vers une page consacrée à Francine van Hove sur le site de la galerie L’Oeil du Prince qui vous donne un aperçu du style que j’ai essayé de copier : Francine van Hove

Et pour les amateurs de chansons de couple, il y a le site de l’ina : Tu t’en vas…

Sac de nœuds.

Cette image m’a été involontairement suggéré par une amie qui a choisi de décorer son compte sur un réseau social bien connu avec un tableau d’Odilon Redon. Le titre de ce tableau est Réflexions, et en l’observant, j’y voit le du départ d’un voyage en pensée dont j’ai moi-même du mal à suivre le fil. Partir du rêve et de ses couleurs. Passer par les expressions populaires et leur signification. Prendre le chemin de l’espoir, d’un avenir meilleur. Bifurquer sur le combat pour la justice social et la solidarité façon Bernard Friot, avec en fond sonore le On lâche rien de HK. Repartir chez mes grand-parents faire une partie de dame en écoutant Le pays du sourire et ramasser les patates dans les champs. Les suivre à Paris et prendre le bus vert pour aller à Grigny, puis le bus orange jusqu’à Courcouronne. Le collège, le lycée, les anciens copains… Et là, je m’arrête net. Je suis en train de fredonner Je collectionne des canards vivants. Mais par où suis-je passé ? J’ai dû prendre un raccourci sans m’en rendre compte, et impossible de rebrousser chemin sans tomber sur un sac de nœuds.

Bref, cessons de digresser et revenons à notre image. Voici Escargolio à la façon d’Odilon Redon.

On peut voir le tableau original sur le site Apporteur de Connaissances : Article sur Odilon Redon

Le retour de Nœnœil

Cela faisait un moment que l’idée de ce dessin me trottait dans la tête ; depuis nos dernières vacances en Bretagne en fait. Lors de nos visites dans les enclos paroissiaux, nous avons eu le plaisir d’entendre légende de saint Mélar…

Mélar vécu au VIeme siècle. C’était le fils le roi Miliau. Quand il avait sept ans, son père fût tué par son oncle Rivod qui voulait lui piquer sa place. Tonton Rivod qui avait un sens de la famille bien à lui, se dit qu’il lui fallait aussi zigouiller son neveux pour conserver le trône. Et c’est au cours d’une de ces tentatives d’assassinat que le petit Mélar se retrouva amputé d’une main et d’un pied. On les lui remplaça par une main d’argent et un pied d’airain et, ô miracle, ceux-ci se mirent à fonctionner comme des vrais ! C’est cet épisode qui me rappela une série de BD créée dans les années 90 par Jodorowsky et Giménez : La caste des Méta-barons.

Cette série retrace l’histoire de la lignée de Sans-nom, le dernier méta-baron que l’on rencontre dans le cycle de l’Incal (Jodorowsky/Moebius). La tradition veut que chaque génération produise un méta-baron plus puissant que son père qu’il doit tuer dans un combat singulier. La préparation du futur méta-baron est plutôt rock’n’roll : Son père le mutile histoire de lui forger le caractère, en lui arrachant une oreille, ou une main, ou les pieds qu’il lui remplace par des implants cybernétiques. Un peu comme saint Mélar, quoi !

Le méta-baron est donc un guerrier suprême doté d’un méta-arsenal qui lui permet de raser une planète entière en un claquement de doigt. Cette incroyable puissance dévastatrice, on la retrouve également chez Escargolio. J’avais d’ailleurs, à l’époque où sortait cette série de BD, fait un dessin du méta-scargot à l’aquarelle montrant qu’il ne fallait pas lui marcher sur l’estomac .

Après le décès de Juan Giménez en avril dernier, je me suis dit que je pouvais lui rendre une sorte d’hommage en remettant le méta-scargot au goût du jour. Voici donc une couverture d’album fictive qui trouvera bien sa place dans une série Escargolio à la façon de… spécial BD.

Nihonga

Pour bien finir l’année je vous propose l’adaptation d’une peinture de l’artiste japonaise Uemura Shōen (上村松園). Le titre de cet article, Nihonga (日本画) qui signifie littéralement peinture japonaise, désigne aujourd’hui un courant artistique apparu à Kyôto à la fin du XIXe siècle et auquel sont rattachées les œuvres de cette artiste.

La fiche de l’artiste dans le Wikiart est ici : Uemura Shoen dans wikiart.org

Curieusement, l’image dont je me suis inspiré a disparu des résultats ramenés par les moteurs de recherche quand on tape le nom de l’artiste en rōmaji, mais j’ai pu la retrouver en recherchant son nom en kanji. On peut la voire ici : 若葉 ( [wakaba] – Jeunes feuilles)